Bien le bonjour! Je vous avais dit que je voulais partager avec vous mes lectures coups de coeur. Ne vous fiez pas au titre, ce livre est majestueux et vous n’allez pas déprimer! Le titre, vous le retrouverez à un endroit précis dans le livre, mais je n’en dis pas plus.

Avant-propos: le Québec et moi

Qui me connaît bien sait que je porte un amour inconditionnel pour le Canada, plus précisément pour le Québec. Cette culture, ces gens, ces expressions, cet état d’esprit. Oh, Québec, je me souviens. Justement, je vous parle d’amour et en amour, il y a des choses que l’on ne peut expliquer. On pense ne pas être attiré(e) et un jour, cela nous tombe dessus sans crier gare, on devient accroc et cela nous prend les tripes, cela nous retourne le coeur. Le Québec? J’y suis allée quatre fois depuis 2001. Chaque fois, j’y laisse un bout de moi. Chaque fois, un petit bout de Québec s’empare de moi aussi. La Belle Province, la dernière fois que je l’ai quittée, c’était en 2017. J’en pleurais tellement qu’une amie m’a dit qu’elle avait l’impression que je venais de me faire larguer. Ceci explique également le regard compatissant des gens à l’aéroport. Le Québec? Je l’ai aussi revu en Belgique et ailleurs en Europe. Même résultat quand je l’ai quitté, j’étais bouleversée et en parler me bouleverse encore.

Et donc Chaque automne, j’ai envie de mourir

Mon amour pour le Québec, j’y reviendrai dans un autre article. Je me suis quelque peu égarée dans mes mots et aujourd’hui, je vais vous parler de ce chef d’oeuvre, le plus beau recueil de nouvelles selon moi. Un peu comme un coup de foudre, je ne m’y attendais pas. En fait, malgré mon amour pour le Québec, je me suis rarement arrêtée sur la littérature Québécoise, honte à moi. Lire du québécois, c’est un peu ma façon de voyager et rester proche de mes amis de l’autre côté de l’océan. Je suis alors passée à la librairie TULITU à Bruxelles, dorénavant ma librairie préférée (je pense y consacrer un article). Je me suis laissée intriguer par Chaque automne, j’ai envie de mourir des éditions Hamac.

Ok, j’avoue, il y avait un post-it avec un coeur dessus aussi! Traduction: coup de coeur des libraires. Ariane, la libraire, m’a expliqué que ce livre avait été choisi lors d’une soirée lecture à voix haute. La lecture était tellement prenante que l’on pouvait sentir la voix du lecteur trembler et sa gorge se serrer par moment. Chaque nouvelle est différente, on ne sait jamais par quelle émotion on va passer. Moi qui vis mes émotions pleinement, j’ai pris ce bouquin sur le champ!

Parler de coup de coeur ne suffit pas, c’est aussi un coup de poignard, un coup de foudre, un coup de chaleur, un coup de gueule, un coup de massue, un coup d’un soir, un coup du sort, un coup de pouce, un coup de grâce… Bref, vous l’avez compris, ce livre m’a fait un coup, à commencer par le quatrième de couverture. Comme le titre, vous le retrouverez dans le livre, mais je n’en dis pas plus.

C’est suite à un « appel aux secrets » sur internet que cette merveille a vu le jour. Le deal: un secret contre l’anonymat. Véronique Côté (comédienne et metteure en scène) et Steve Gagnon (comédien et auteur) ont sélectionné puis travaillé des confidences en tout genre pour qu’elles puissent être racontées en quelques minutes par des acteurs et actrices à l’occasion d’un festival Québécois (évidemment). Au total, nous pouvons trouver 37 nouvelles qui se lisent rapidement et dans le désordre. 37 fois, nous nous introduisons dans l’intimité d’inconnus qui auraient pu être vous et moi. J’ai vraiment pris mon temps. Chaque jour, je (re)lisais une ou deux nouvelles. Je voulais savourer ma lecture, prendre le temps de ressentir.

Un livre m’a rarement fait cela, avec une telle intensité.

Ces nouvelles m’ont émue. J’ai pleuré, j’ai ri, j’ai râlé, j’ai sursauté, j’ai encore pleuré, j’ai pleuré de rire aussi. Ce recueil m’a bouleversée par sa simplicité et son humanité. On s’identifie facilement à certains inconnus, à certains passages. Parfois, j’avais l’impression que ces nouvelles avaient été écrites par moi ou pour moi, qu’elles avaient été écrites par quelqu’un que je connaissais ou pour quelqu’un que je connaissais. Elles réveillaient des souvenirs, des interrogations. Elles m’ont fait réagir. J’ai lu certaines nouvelles plusieurs fois, sans me lasser, en silence, à voix haute. J’ai ressenti. Un livre m’a rarement fait cela, avec une telle intensité.

Parmi mes nouvelles préférées: Carnet, Complot, Débâcle, FourmisHygiène, Oranges, Puberté et Tsunami. Elles m’ont touchée de différentes façons et chaque fois que je les relis, c’est le feu d’artifice des émotions. Le rythme des récits est intense, sans langue de bois avec des expressions bien québécoises et des chutes parfois vertigineuses. J’ai souri plusieurs fois, mon coeur a bondi plusieurs fois. Cela s’applique à toutes les nouvelles mais celles-ci ont plus fait écho en moi. Pour vous, ce sera peut-être d’autres nouvelles qui feront cet effet.

Extrait: Moi, j’attends pas de bébé. Moi, j’attends un prospect, un french, une histoire d’amour, une histoire de cul même, une bagarre, un hold-up, j’attends une comète, une tornade, un tsunami, quelque chose, j’attends toute ça pis y m’arrive juste rien.

Extrait: Je mange mes crottes de nez. Parce que. Ben c’est ça. Parce que c’est salé. Pis que j’aime ça. Parce que c’est salé. Pis que j’aime ça. Les choses salées. Parce que j’aime la texture. Parce que c’est gratuit, pis que je suis attiré par les choses gratuites.

Un livre à s’offrir ou à offrir sans hésiter

Je me suis demandée si je manquais d’objectivité vu mon rapport avec le Québec alors j’ai lu certaines nouvelles à des amis. Même effet pour eux. Ils en demandaient encore. D’ailleurs, aucun de mes amis Québécois ne connaît ce livre et il m’a fallu plusieurs années avant de le croiser sur ma route. Bref, cette pépite fait partie de mes plus belles découvertes de l’année, de ma vie même (sans exagération). Je l’ai déjà offert à ma soeur et à une amie. Traduction: Il est fort probable que je l’offre à d’autres personnes qui comptent pour moi. J’ai déjà bien fait diminuer le stock de Chaque automne, j’ai envie de mourir de la librairie TULITU. Deux fois. Oups! Si vous n’avez pas le temps de le lire, prenez au moins le temps de l’offrir à quelqu’un. Il est merveilleux!

Je suis heureuse d’avoir découvert ce livre et maintenant, je suis triste de l’avoir terminé. Enfin bon, comme précisé dans le quatrième de couverture: Les choses finissent. C’est ce qui les rend belles. Les histoires finissent. C’est ce qui fait que leur commencement a du sens. Si vous avez de la lecture de ce genre à conseiller, je suis intéressée et je serais ravie d’en discuter avec vous! Belle journée!